Votre enfant rentre de l’école avec un cahier de liaison ou un carnet de correspondance dans lequel s’accumulent les remarques ou les remontrances de ses enseignants ?

Il se plaint de ne pas être compris des autres ou d’être le sujet de leurs moqueries ?
Il lit laborieusement et fuit la lecture pour ne pas être confronté à des difficultés ?
Il transforme ses cahiers en véritables torchons ?
Il a toujours été très énergique, plus que les autres ?
Les enseignants s’inquiètent pour lui et veulent vous rencontrer ?

Peut-être reconnaissez-vous votre situation dans toutes les interrogations posées ci-dessus ?
Peut-être aussi vous inquiétez-vous pour votre enfant et que vous ne savez pas vers qui vous tourner ?
Votre enfant est intelligent, vous le savez, l’école le sait, lui en doute peut-être maintenant … .
Alors que se passe-t-il et comment peut-on vous aider ?

Tout d’abord, il est évident qu’il faut répondre à la convocation de l’école ou du collège et rencontrer les enseignants afin de voir, ensemble, quelle semble être la nature du problème.

Ensuite,
– soit l’établissement sera en mesure de vous proposer des aides ponctuelles comme celles dispensées par le R.A.S.E.D. (*) en primaire, ou du soutien au collège,
– soit il vous sera demandé d’emmener votre enfant en consultation afin de diagnostiquer un éventuel trouble des apprentissages (dyslexie, dyspraxie, dysgraphie, etc.) ou un trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).
Ces troubles répondent à des symptômes précis dont le diagnostic ne peut être posé que par des professionnels.

Alors, à qui s’adresser ?

En premier lieu, il conviendra de vous assurer que votre enfant ne présente pas de maladie ou de handicap affectant ses sens, principalement la vue et l’ouïe, qui seraient passés inaperçus jusqu’ici. Vous consulterez pour cela votre pédiatre ou votre médecin généraliste.
Ensuite, les fonctions cognitives de votre enfant devront être évaluées de façon à écarter une déficience intellectuelle. Vous devrez prendre rendez-vous avec un psychologue pour qu’il puisse soumettre votre enfant à un test dit de Q.I. (quotient intellectuel). Le plus utilisé est le WISC, pour les enfants de 6 à 16 ans.
N.B. : N’hésitez pas à demander au professionnel quelle version du WISC il utilise. Celle-ci ne doit pas être inférieure au WISC-IV. En effet, toute version antérieure correspond à un étalonnage de population plus ancien, avec de plus un matériel où les enfants pourraient ne pas reconnaître les objets usuels présentés sur les planches (ex. : une ampoule à incandescence, un téléphone filaire, etc.). Le risque est alors d’obtenir une évaluation qui ne reflète pas le véritable potentiel de l’enfant et par conséquent, inexploitable puisque non fiable.

La consultation chez le psychologue peut aussi être l’occasion de passer un bilan psychologique complet où seront appréciées les sphères cognitive, instrumentale et émotionnelle.

Et après ?

Le psychologue est en mesure d’écarter l’hypothèse de la déficience intellectuelle. Un enfant porteur d’un trouble des apprentissages ou d’un TDAH présente obligatoirement une intelligence normale, voire supérieure.

Ce premier point vérifié (efficience intellectuelle normale), le psychologue sera en mesure de vous orienter vers les autres professionnels qui affineront le diagnostic.
S’il semble que l’enfant présente des difficultés de lecture, il vous orientera vers un orthophoniste pour d’autres tests.
De même, s’il peut s’agir de difficultés motrices (écriture difficile, malhabileté excessive), il vous orientera vers un psychomotricien ou un ergothérapeute où là encore d’autres tests seront nécessaires.
Enfin, si le psychologue penche pour un TDAH, après examen clinique de l’enfant et étude de ses documents scolaires (cahiers, bulletins), il proposera un test spécifique pour l’attention : la Tea-Ch.

Mais encore ?

S’il s’avère que l’enfant présente un trouble de la constellation « dys », l’orthophoniste et/ou le psychomotricien (voire l’ergothérapeute) seront sollicités pour une prise en charge ré-éducative. Le psychologue pourra intervenir pour des consultations de psycho-éducation où il expliquera à l’enfant et à son entourage en quoi consiste le trouble diagnostiqué. Il pourra aussi proposer des séances individuelles avec l’enfant seul, où celui-ci s’exprimera sur ces difficultés propres et trouvera en lui-même les ressources nécessaires pour les dépasser.

Par ailleurs, il pourra être nécessaire d’emmener l’enfant en consultation en centre spécifique. Ces centres, appelés centres référents, sont basés dans des grands hôpitaux parisiens et régionaux. Ils permettent après un premier rendez-vous, une prise en charge globale avec le passage d’examens complémentaires.

ATTENTION, ces centres sont très sollicités et vous ne pourrez avoir de premier rendez-vous avant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Il faudra vous armer de patience –si la situation le permet encore- ou bien vous orienter vers un pédopsychiatre en cabinet libéral qui coordonnera le parcours de soins pour votre enfant, comme l’aurait fait le centre référent.

Pourquoi faut-il diagnostiquer ?

En posant un diagnostic, on identifie les difficultés de l’enfant, le délestant ainsi, lui et son entourage, de la responsabilité de la situation. En effet, un enfant « dys » ou « TDAH » n’est pas un enfant bête, fainéant, agité, mal élevé, etc . … C’est un enfant qui rencontre des difficultés pour lesquelles il est nécessaire de convenir d’une prise en charge spécifique. Renvoyer sans arrêt ses difficultés à l’enfant l’amène à perdre confiance en lui et à se vivre comme étant « nul ».

Suivant la gravité du trouble et ses répercussions sur la vie quotidienne et scolaire de l’enfant, plusieurs prises en charge et aides humaines et/ou financières sont envisageables. De la ré-éducation, de la remédiation ou même une médication pourront s’avérer indispensables. Chaque décision sera prise en totale concertation avec les parents et l’enfant.

Tous les acteurs de la vie de l’enfant doivent être sollicités, du médecin au psychologue, en passant par la MDPH, le médecin et/ou l’infirmière scolaire(s), les enseignants et les différents ré-éducateurs.

Avec un diagnostic précis suivi d’une prise en charge adaptée, l’enfant retrouve sa vie d’enfant, renoue avec le système scolaire et la sérénité revient au domicile familial.

Christine Hornebeck

Psychologue-Psychothérapeute

(*) RASED : Réseau d’Aides Scolaires pour les Elèves en Difficulté

(*) MDPH : Maison Départementale des Personnes Handicapées

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